Dominique Bourg


L’Intervenant

Philosophe, Dominique Bourg est professeur à l’Université de Lausanne où il dirige, depuis le 1er septembre 2006, l’Institut des Politiques Territoriales et de l’Environnement Humain (IPTEH) de la Faculté des géosciences et de l’environnement.

Ancien professeur à l’Université de technologie de Troyes et directeur de son pôle de compétences Développement durable, il y crée le Centre de recherches et d’études interdisciplinaires sur le développement durable.

Jusqu’en 2006, Dominique Bourg est maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et coresponsable jusqu’à cette date du séminaire « Environnement, sciences, société » relevant du Master « Politiques publiques » et de la Chaire « Développement durable ».

Dominique Bourg est membre du comité de rédaction des revues Esprit, Risques et Ecologie et politique. Il est co-directeur de la collection « Développement durable et innovations institutionnelles » aux Presses Universitaires de France. Il est aussi membre de plusieurs commissions officielles en France : le Conseil national du développement durable, la Commission Coppens chargée de préparer la Charte de l’environnement désormais adossée à la Constitution française, et il a été vice-président de la commission et du groupe d’études en charge de l’économie de fonctionnalité du Grenelle de l’environnement.

Ses domaines de recherches sont l’éthique de l’environnement et du développement durable, l’évaluation des choix technologiques et des risques (le principe de précaution) et la démocratie participative.

Dominique Bourg est l’auteur de nombreux ouvrages : Parer aux risques de demain. Le principe de précaution (Paris, Seuil, 2001) ;  Le Développement durable. Maintenant ou jamais (Paris, Gallimard, 2006) ; Risques technologiques et débat démocratique (Paris, La Documentation française, 2007), et de plusieurs articles de recherche parus dans les périodiques Energy Policy et Modern and Contemporary France.

Conférences

Version faible versus version forte du développement durable

Le développement durable renvoie à la volonté de répondre aux deux grands déséquilibres qui se sont creusés durant la seconde moitié du 20ème siècle : une répartition de plus en plus inégale de la richesse à l’échelle planétaire, et le changement climatique, l’érosion accélérée de la biodiversité et l’épuisement de certaines ressources…
La version faible du développement durable consiste à s’appuyer sur les seules technologies pour surmonter les difficultés auxquelles nous sommes confrontés ; le capital naturel détruit par nos activités est alors réputé substituable.
La version forte, qui compte plus de supporters en Europe qu’aux USA, voit dans le développement durable un changement global, rien moins que le passage d’une civilisation à une autre.

Quelles sont les origines du développement durable et comment comprendre ces deux conceptions antagonistes : version faible et version forte du développement durable ? Nous verrons qu’en Europe au moins, les conflits d’interprétation autour voire contre le développement durable, se multiplient et atteignent  la grande presse.

Technologie et spiritualité

Face aux difficultés écologiques auxquelles nous sommes confrontés, et plus encore aux Etats-Unis qu’en Europe, les technologies sont considérées comme la voie du salut. La lutte contre le changement climatique se réduit par exemple, pour l’essentiel, à une question de technologies propres. Cette affirmation est fausse. Des technologies nouvelles seront certes nécessaires, mais nullement suffisantes.

La crise résulte d’une spiritualité particulière, au sens d’un a priori de perception, propre à la civilisation occidentale. La civilisation occidentale considère la nature comme un stock maîtrisable et indéfiniment exploitable de ressources, grâce aux sciences et techniques, et ce dans le cadre du marché conçu comme le médium de la satisfaction de toute espèce de besoin. La puissance des sciences et techniques est censée nous permettre de faire reculer indéfiniment les bornes de la nature d’un côté, et d’inventer de l’autre tout aussi indéfiniment des modalités d’expression matérielle et commerciale à l’infinité de nos désirs.

Tant que nous concevrons l’économie comme le moyen de satisfaire nos besoins, nos technologies ne nous serons d’aucun secours, en raison notamment de l’effet rebond. De quels leviers disposons-nous pour dépasser la spiritualité dont nous avons hérité et pour répondre de façon plus appropriée à la crise dans laquelle nous nous enfonçons ?

Principe de précaution

Même en Europe où il constitue un principe de droit positif, le principe de précaution est généralement mal compris. De façon récurrente, on exige sa suppression (voir par exemple en France la commission Attali sur la croissance). Après avoir expliqué la mécanique de ce principe et montré ses limites, il faudra s’intéresser à l’origine et à la légitimité de l’idée de précaution. L’on pourra ensuite dégager les deux conditions à la mise en œuvre de la précaution, l’incertitude scientifique d’un côté et la qualité des dommages redoutés de l’autre : leur gravité et leur irréversibilité. Comment le principe de précaution est mis en œuvre ? Quel type d’expertise requiert-elle ? Le principe de précaution ne sait répondre à tous les risques technologiques nouveaux…

Liens vers des interviews de Dominique Bourg :

http://www.wat.tv/video/dominique-bourg-philosophe-eqku_ebnr_.html
http://www.dailymotion.com/video/x4fxvj_dominique-bourg-elections-municipal_politics

 

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